"Je peux tout détruire, tout, mettre le feu partout, faire voler les vitres, faire péter les écrans, je suis gigantesque, et toi tu connais même pas le mot, c'est pas dans ton
vocabulaire, gigantesque, pas de chez toi, je peux tout casser, comme ça tout casser tout enflammer comme ça comme je claque des doigts, je suis puissant, comme personne, même le
président d'Amérique n'a pas cette force, même lui il n'oserait pas avec ses usines, ses avions, ses bombes, je suis plus fort que ça, j'ai pas besoin d'outil, la bombe c'est moi, y a
pas de relais pas d'instruments, c'est moi la flamme et moi le feu, c'est moi, c'est moi, lui c'est qu'un homme, un homme avec des pouvoirs, moi non, moi je suis le pouvoir."
Un homme se tient au milieu de ce qui pourrait être un hall de gare désert, dans une lumière crue. Il porte une veste, une chemise, une cravate, un pantalon de toile. Il parle dans
une forme de rage, de colère, une tension permanente qui se lit sur son visage et dans ses gestes. L'homme semble s'adresser à un interlocuteur dont rien ne nous permet de dire s'il
est absent de la scène ou s'il est imaginaire. Il a les cheveux collés au front et il prononce les mots comme on crache.