L’histoire d’Un Homme en faillite sera celle d’un individu, parvenu à la moitié de son existence, et amené à se dépouiller de tout ce qu’il possède afin de continuer à vivre. Il est question ici de consommation et de dettes, de « deuxième chance », c’est-à-dire de renaissance, question aussi « d’accidents de la vie », dont on dit qu’ils sont les principaux facteurs de surendettement. Rendu à sa nudité, progressivement privé de tout, l’homme doit inventer la nouvelle existence qui s’offre à lui. Regagner ce qu’il a perdu, ou apprendre à vivre sans. Se remettre à accumuler, ou se dépouiller encore plus. Il lui reste néanmoins un ultime allié dans sa solitude : un assez mauvais livre, un roman de science-fiction, L’Homme qui rétrécit, qu’il utilise comme manuel éthique. C’est le récit d’un homme dont la taille diminue inexplicablement de trois millimètres par jour, qui doit faire face à une inéluctable dé-socialisation, et s’adapter à un environnement de plus en plus hostile et menaçant. Identifiant son sort à celui de l’homme qui rétrécit, l’homme en faillite en vient lui aussi à organiser sa survie en tenant compte de son nouvel état. Comme son modèle haut de deux centimètres, ouvrir un réfrigérateur lui demande un effort surhumain et un temps démesuré, ce qui en fin de compte constitue un frein efficace contre l’instinct de consommation.