On y croise ici une brodeuse semblant tout droit sortie d'un tableau flamand, là, reclus au sommet d'une tour, un enfant «au visage de la couleur de la mort», ailleurs des
vieillards ascétiques, comme dépouillés de toute chair sinon de tout désir, et encore des hommes semblant marcher à la lisière du monde des vivants et de celui des morts. L'écriture
de Pascal Quignard, d'une simplicité superbe et savante, invite à pénétrer dans le domaine non pas du fantastique, ou de l'irréel, mais du merveilleux - avec tout ce que ce mot
suppose de possible effroi, de proximité de la folie et du néant. C'est tout simplement très beau.