Ils étaient trois. Du même ventre. Un frère, deux soeurs. Grandis ensemble dans une maison pleine de cris. Élevés par des parents en désaccord perpétuel. Ils étaient trois. Ils ont vécu les disputes, les tensions, l’absence de douceur. Ils ont deviné les fêlures, les secrets, les douleurs que leurs parents croyaient contenir. Ils ont été petits, ensemble, ils ont partagé de drôles de silences chargés de ces paroles qu’on aimerait tant dire ou tant entendre. Ils ont inventé des jeux, des stratégies, des farces, des révoltes, des révélations, pour ne pas rester en enfance. Et les voilà adultes. Trois. Un frère, deux soeurs. Ils vont passer d’un siècle à l’autre, deux deviendront célèbres, une sera oubliée. Ils s’appelaient Claudel. Camille, Louise et Paul.