Il voit le jour à dix-sept ans. L’après-midi du 26 mai 1828, Kaspar Hauser s’avance sur une place de Nuremberg, une lettre de recommandation en main, signée de « l’homme-qui-a-toujours-été-avec-moi », son tortionnaire qu’il n’a jamais vu. Jusque là, Kaspar Hauser a vécu enfermé, nourri au pain, à l’orge et à l’eau, drogué à l’opium. Dès sa libération, recueilli par Anselm von Feuerbach, l’adolescent défraye la chronique, accomplit des progrès inouïs, jusqu’à son assassinat, en 1833, inexpliqué. Il aura vécu quatre ans. «La mort de Kaspar est un exemple de crime contre la vie de l’âme » écrira Feuerbach. Le cas Hauser inspirera la poésie de Verlaine, le cinéma de Werner Herzog, les recherches de Françoise Dolto.