"On sonne chez Mr Biedermann. Qui peut bien déranger sa tranquillité bourgeoise, satisfaite et replète ?! Est-ce son associé qui vient encore se plaindre d'avoir été
licencié sans raison ? Qu'il aille se faire pendre !!! Ou un mendiant ? Pas le temps ! Qu'on laisse Mr Biedermann à son fauteuil et à son journal du
soir : tiens, de nouveau des incendies criminels en ville ! Bon Dieu, mais que fait la police ?! Il faut les fusiller, ces salopards !!!! Mais… mais qui est cet
homme aux allures de lutteur de foire qui vient de s'asseoir face à lui et le regarde tout sourire ? Pourquoi la bonne l'a-t-elle laissé entrer ?… Mais non, bien sûr,
Mr Biedermann ne le mettra pas dehors, Mr Biedermann a bon cœur et va même lui donner un peu à manger et puis il partira, d'accord ?… Dormir aussi ? C'est que…
Oui, il y a le grenier, mais… Bon, mais seulement pour une nuit, ok ?…
Et voilà comment, par peur et par aveuglement, le citoyen Biedermann va laisser s'installer chez lui le "Mal" en la personne de deux gugusses évidemment incendiaires, leur offrant le
gîte et le couvert, et même des allumettes !… collaborant ainsi à sa propre ruine."
François Rancillac